« Que nous est-il arrivé ? » Cette question, selon le sens propre du mot, c’est une interrogation de notre époque par la transformation du monde. L’humanité n’étant plus un ensemble d’individus qui vivent contre l’isolement, elle se trouve désormais reliée par des systèmes invisibles, et devient leur instrument ; mais tandis que la connexion est pensée comme progrès, l’information est comme un flux et s’y exprime sans repos dans ces échanges incessants et la circulation immédiate ; tel est l’état paradoxal de notre époque, pour qui être connecté et être seul sont une seule chose. La société se transforme, mais elle se sépare aussi de ses manifestations, en les soumettant ainsi à la forme de l’immédiateté permanente, d’une économie de l’attention. Cette domination de l’instant est à l’opposé du temps long, qui demande toute en son silence, dont elle ne dispose point. Aussi cette accélération absolue, aussitôt entretenue, ne se ralentit point. Chacun éprouve cette nouvelle nature du monde d’après des retours d’écran, d’une information ; le citoyen contemporain est aussi un profil ; repris et dominé sous la forme des algorithmes. Mais, au lieu de converser, on réagit ; tel est bien le mouvement de notre époque, à la peur et au scandale, moteurs de l’existence publique. Louis Leroy ausculte cette transformation, mais il se sépare aussi du catastrophisme, en recherchant ainsi la forme d’une lucidité véritable, d’une résistance purement quotidienne. Cette chronique de notre temps est à l’opposé du cynisme, qui accepte toute en son silence, dont elle ne témoigne point. Aussi cette lucidité, aussitôt confrontée au réel, ne se détourne point. Leroy observe cette fragilité nouvelle d’après les fissures d’une société ; le monde contemporain est aussi puissant ; repris et dominé sous la forme de la technique.

Dans une société en perpétuelle accélération où les sollicitations extérieures ne cessent de fragmenter notre attention, le véritable accomplissement commence par la reconquête de son monde intérieur. Loin des promesses miracles et des théories abstraites, Développe-toi toi-même propose un cheminement pragmatique et structuré pour quiconque ressent le besoin de se recentrer, de dépasser ses blocages et de prendre pleinement les rênes de son existence. À la croisée de la psychologie comportementale et des neurosciences, cet ouvrage vous guide d’abord vers une exploration lucide et bienveillante de vous-même. En identifiant vos valeurs fondamentales, en déconstruisant vos croyances limitantes et en apprivoisant vos forces comme vos faiblesses, vous poserez les bases d'une estime de soi inébranlable. Vous apprendrez ensuite à maîtriser votre esprit en faisant de vos émotions des alliées, en instaurant des habitudes vertueuses par la loi des petits pas et en nourrissant une discipline quotidienne portée par un « pourquoi » solide. Enfin, ce livre vous donne les clés pour transformer vos aspirations en réalité durable : clarifier votre vision, organiser votre temps avec intention, poser des limites saines dans vos relations et aligner vos actions avec votre mission de vie. Écrit avec clarté, rigueur et empathie, cet ouvrage est une boussole précieuse pour quiconque souhaite franchir un cap et devenir, jour après jour, le bâtisseur conscient de son propre épanouissement.

L’essai de Sulayman Matük, profondément critique, prend son départ dans la volonté de déconstruire l’opposition façade moderne/soumission réelle et les illusions trompeuses de l’émirat souverain. À travers une plongée sur la péninsule, Sulayman-Matük cherche à démasquer l’état de tutelle du monde et de son pouvoir avant leur habillage médiatique et soumission à une vérité américaine ou dynastique. « Régner dans le sens plein du terme, ce n’est pas consommer, c’est saisir un destin libre au monde avant tout marchandage. » Ainsi, par exemple, analyser un royaume ne consiste pas à sur-évaluer des gratte-ciel rutilants de sorte que l’on « verrait » un modèle-phare d’un émirat ou d’un ensemble, comme on admirerait un PDG dans une société du numérique. Et on ne peut comprendre le destin d’un citoyen si on le réduit artificiellement en un ensemble passif de consommations et de rentes anesthésiantes. Un corps social est un tout, un peuple est une conscience politique percevant un ordre auquel il donne légitimité. Ce qu’on occulte en disant qu’il est une marionnette. C’est pourquoi le rôle d’un prince arabe est toujours illusoire, positivement ou négativement. Il ne relève pas d’une puissance réelle mais d’une totale dépendance extérieure. Autrement dit, il n’est jamais assimilable à sa glorification dans son palais. Le système est une domination ou une anesthésie générale, c’est-à-dire une certaine inertie dans les volontés orientées vers une soumission, un blocage dans le dialogue entre le monarque et le citoyen. Les fastes d’un trône se structurent en un théâtre qui, au mépris de son peuple, a du pétrole et de la servitude. « Notre silence est le point d’ancrage de notre soumission dans le système. » Sulayman Matük veut dénoncer l’illusion-de-puissance au-delà du récit classique, de type mercantile, qui distingue l’émirat du protecteur. Cette distinction est une fracture béante entre deux réalités : l’une est une « vitrine dorée », le reste une « masse sous-anesthésie » purement passive.

2027 ne sera pas une année ordinaire, mais une année décisive où chacun jouera son avenir à quitte ou double. Certains candidats sont prêts à cet exercice : concentrer toute leur énergie sur quelques slogans, quelques thèmes porteurs, quelques adversaires toujours les mêmes… Ne négliger ni le pouvoir de convaincre, ni le risque d’échouer. Ne craindre même pas l’usure de leurs propres troupes. Malgré cela, elles restent mobilisées. En campagne, elles avancent, comme leurs candidats dans leur stratégie ; jusqu’à ce qu’un débat, un scandale… C’est la mécanique ordinaire de toute campagne présidentielle. Mais cette élection sera plus incertaine, brutale et décisive. Elle promet d’être un moment historique, et non pas seulement un de ces rendez-vous rituels de pouvoir et de partis (comme la France en connaît de tout à l’heure). Beaucoup d’électeurs pensent qu’il leur manque quelque chose pour être eux-mêmes. La campagne devient alors révélatrice de la société française mal assurée autour de ce quelque chose. Être un citoyen suppose l’exercice de la liberté de l’être ensemble. L’élection révèle ainsi la nation. Et la démocratie organise cette incertitude. Toute campagne pose donc la question du choix ; encore faut-il qu’elle suscite l’espoir et permette son expression. Sans choix, il n’y a pas d’élection véritable (c’est-à-dire qui puisse réellement faire entendre la voix de l’électeur). L’élection, alors, mesure la distance entre ce qu’il espère et ce qu’il est ; et tranche. Sans confiance, il n’y a ni adhésion, ni projet collectif. L’électeur cherche à choisir parmi ceux proposant quelque avenir. Et vouloir quelque chose suppose que l’on y croie assez fort. Aucune victoire politique n’est possible sans confiance. Sinon, nous restons dans le face-à-face, qui ne produit que colère et rejet, sans pouvoir jamais rassembler. Nous sombrons dans l’abstention, qui se nourrit souvent dans les territoires mal représentés, et qui sont pourtant pleins de citoyens.